Le SDIS et l’audit …

En pleine préparation de son budget 2019, le Département aimerait baisser de 3% sa subvention au SDIS. Un audit a été réalisé par le cabinet Politea qui a été présenté au directeur des pompiers et à ses conseillers départementaux, membres du Conseil d’administration du SDIS.

Les experts de Politea ont passé au crible l’organisation et les finances des secours gardois. Une précaution indispensable pour Denis Bouad. qui cherche à réduire de 2,4 M€ sa participation au SDIS.

La  baisse souhaitée serait compensée par la création d’une subvention d’investissement de 4 M€. Une nouveauté pour le Gard qui, contrairement à ses voisins, ne le faisait pas. 

 Selon les experts, le Département peut baisser sa participation, si une réforme de la gestion de l’établissement public est engagée. D’un montant de 69 M€, le budget de fonctionnement est plus élevé que la moyenne des SDIS. Cela illustre la performance de nos pompiers : 97 % des Gardois sont couverts par un départ immédiat contre 68% pour l’Hérault. Toutefois, pour le cabinet Politea, ce coût traduit surtout l’organisation « atypique et coûteuse » des pompiers gardois. Le Gard présente un faible nombre de centre de secours : 30 casernes quand l’Hérault recense, lui, 40 centres de secours principal et 21 centres de premières interventions.

Résultat : Une usure plus rapide des véhicules… et du personnel, très sollicité. Les experts déplorent le recours « majoritaire, voire exclusif, des gardes postées » des pompiers professionnels. Des gardes au détriment des astreintes des agents volontaires, moins onéreuses pour le SDIS. D’où la particularité du Gard d’avoir des pompiers sous double statut, à la fois professionnels et volontaires.

Selon certains pompiers, cette organisation permet une couverture optimale du territoire : « un pompier professionnel de garde qui est dans la caserne va mettre 10 minutes à se rendre sur les lieux alors qu’un pompier en astreinte, chez lui, mettra beaucoup plus de temps à intervenir », dit le représentant du syndicat Sud, Samuel Besson qui rappelle qu’en « cas d’un arrêt cardiaque, chaque minute compte et les séquelles sont irréversibles.»

Seulement l’audit ne partage pas cette analyse, qualifiant que « le recours est excessif.» et « un taux d’absentéisme important », représentant « 45 postes équivalent temps plein », soit un manque à gagner de 1,2 M€ pour le SDIS. Sur le temps de travail « parmi les plus bas constaté », un passage au 1 607 heures annuelles « permettrait de récupérer 728 000 €. » 

S’il y a des économies à faire, il y a aussi des recettes à chercher, notamment du côté du SAMU dont « les relations doivent faire l’objet d’une convention d’objectif. » 

La suite des événements dira si l’audit du cabinet Polite mettra le feu aux poudres.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.