Homéopathie : les médicaments ne sont plus remboursés par l’Assurance Maladie

« Ces granules ont une efficacité équivalente à un placebo ». En juillet 2019, Agnès Buzyn remettait en cause, dans Le Parisien, les effets de l’homéopathie. La ministre de la Santé suivait alors les recommandations de la Haute Autorité de la Santé (HAS) et fixait un cap : à partir du 1er janvier 2021, les traitements homéopathiques ne seront plus remboursés par l’Assurance Maladie.

Homéopathie : un taux de remboursement réduit au fil des années

Malgré les nombreux recours pour annuler cette décision, l’exécutif a tenu bon. L’APMH (Association pour la Promotion de la Médecine Homéopathique) a même porté plainte contre l’État. Mais en attendant la décision du tribunal administratif de Paris, les produits homéopathiques ne sont plus remboursés.

Depuis 1984, l’Assurance Maladie prenait en charge une partie du prix de ces granules. Si pendant les premières années, le taux de remboursement était de 65 %, il a progressivement diminué, pour atteindre les 15 % en 2020. Les complémentaires santé devaient, de leur côté, s’acquitter d’une partie ou de la totalité du reste à charge.

En tout, 1 163 souches homéopathiques sont ainsi concernées par ce déremboursement. Pour la Sécurité Sociale, cela représente une économie de près de 130 millions d’euros par an, soit un peu moins de 1 % de l’ensemble des remboursements de médicaments. Pour rappel, entre mars 2018 et février 2019, 1/3 des médicaments homéopathiques avaient été achetés sans ordonnance, donc n’étaient pas remboursés.

Une hausse possible des prix

Mais l’une des conséquences directes de ce déremboursement de l’homéopathie est l’augmentation des prix. En effet, pour tous les médicaments remboursés, il existe un taux de TVA réduit à 2,1 %. En revanche, pour ceux non pris en charge par l’Assurance Maladie, la TVA passe à 10 %. De plus, les tarifs ne sont plus encadrés et peuvent être désormais fixés librement.

Ainsi, selon une étude de la DREES (Direction de la Recherche, des Études, de l’Évaluation et des Statistiques), la fin du remboursement entraîne une hausse des prix d’environ 39 % en moyenne en un an.

Mais ce n’est pas pour autant que les malades pourraient dépenser plus pour les médicaments prescrits. Certaines mutuelles ont déjà annoncé qu’elles continueraient à rembourser ces produits alors que rien ne les y oblige. Les autres attendent encore quelques semaines pour savoir si un non-remboursement de l’homéopathie peut leur être préjudiciable.

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