Communiqué de Olivier Gaillard

Olivier Gaillard , député LREM de la 5ème circonscription Alès-Le Vigan, commente et réagit à propos du discours présidentiel prononcé le 9 juillet devant le Congrès à Versailles.

 

“L’Union fait la force d’un nouveau patriotisme”

Cette Union peut s’entendre comme l’union de citoyens au-delà de clivages surannés ou comme l’Union européenne ; la double essence d‘un nouveau patriotisme.

Le Président Emmanuel Macron a fait état de l’ambition profonde d’une Union européenne grandie pour une France plus forte. Ses propos ont d’ailleurs été ponctués de messages et d’objectifs qu’il défend et défendra encore ardemment sur la scène internationale et dans l’Union européenne. Je les partage : la taxe européenne sur le chiffre d’affaire des géants du numérique, une solidarité européenne sur la question migratoire, une politique sécurité et de défense,et, plus largement les libertés et droits de l’Homme.

Sa stratégie globale est de réformer le pays pour le rendre force de proposition et plus crédible au sein de l’Europe.

L’Europe apporte son lot de problématiques, d’incompréhensions, mais la condamner à la disparition serait mortifère pour ses peuples.

J’ai apprécié le réalisme du Président au détour notamment de cette phrase : « les 28 pays membres n’avanceront peut-être pas tous au même rang ». Sa critique franche concernant la bureaucratie européenne qui éloigne le citoyen des institutions, est à saluée. Elle aurait pu s’appliquer à notre propre système administratif.

Ce réalisme, je le trouve adapté à la situation actuelle qui invite à rechercher progressivement des avancées entre pays plutôt que de prétendre imposer aux autres, ou s’auto exclure. Les conséquences négatives du Brexit pour l’Angleterre s’amplifient au fur et à mesure. Il y a en effet tant à améliorer au niveau communautaire, notamment dans l’agriculture. Les règles européennes doivent évoluer dans un sens encourageant le mieux disant plutôt que le moins disant sur les marchés.

C’est bien avec l’humilité que lui impose ce contexte, que le Président a reconnu ne pas pouvoir tout réussir.

Au-delà des douze premiers mois, c’était l’esquisse des principaux chantiers de la prochaine année. La première année a eu une forte connotation économique. La politique économique qu’il a engagée est une politique orientée vers l’activité (baisse des cotisations salariales), la production de richesse, et l’investissement, pour réinstaller durablement la croissance et redistribuer davantage. La politique budgétaire se veut cohérente par rapport à cette approche économique. Ce n’est pas l’austérité qui est visée mais une sincérisation des budgets (des prévisions de dépenses de bonne foi) et un plan d’économies. Au final, l’objectif est la réduction progressive de la pression fiscale. Nous avons tous à y gagner, à terme, à ce que les énergies se libèrent, que les contraintes réglementaires et fiscales s’allègent.

L’année qui commence va s’atteler à une restauration de l’Etat providence, donc à des enjeux plus sociaux, en lien avec les grandes phases de la vie de tout français. J’ai noté une priorité que je ne peux que soutenir ; celle de mieux protéger l’enfance en danger et maltraitée.

Sa référence à la stratégie de lutte contre la pauvreté est pour l’heure peu précise. Les attentes sont aussi fortes envers ce plan. Il faut certes libérer l’activité, l’emploi, l’innovation et la compétitivité, mais parallèlement il faut des mesures de protection et d’accompagnement des victimes de la pauvreté. Il en est de même de la promesse de réponse législative adressée aux personnes âgées en situation de dépendance et aux EPHAD dont j’attends les traductions concrètes. La refondation des retraites pour un système universel, unique, plus solidaire et plus transparent qui s’adresse à l’ensemble des carrières, s’annonce aussi comme un chantier de taille dont il faudra contrôler les répercussions sur les carrières qui bénéficient à l’heure actuelle, de retraites clairement insuffisantes.

Gardons-nous de toute caricature. Le cap ainsi fixé par le Chef d’Etat témoigne d’une recherche d’équilibre. Le but recherché n’est pas d’anéantir les acquis, mais de se donner les moyens de continuer à les garantir en les conjuguant avec les enjeux du présent.

A ce stade, je ne tire à titre individuel aucune conclusion hâtive et reconduis ma confiance.

Vue la densité des travaux des douze prochains mois, il importe que par la suite, les ambitions s’emploieront à répondre aux enjeux plus territoriaux, là où se constatent la déprise économique et agricole, la disparition progressive des services publics, la paupérisation des zones excentrées. Je ne pourrais me résoudre à ce que ces thématiques ne fassent pas l’objet d’une séquence d’action gouvernementale et d’un débat au Parlement, d’autant que la cohésion, l’égalité des territoires figurent encore dans les champs d’action du Gouvernement. Il existe une politique de la ville, pourquoi n’existerait-il pas une politique de la ruralité paupérisée et précarisée ?

La facilitation des projets de territoires, que le Président a appelé de ses voeux lors d’un discours quelques jours plus tôt, ne peut se développer sur des territoires désertifiés d’activités et de services. La réponse passe déjà par une contractualisation financière Etat-Collectivité qui repose sur des objectifs de dépenses dont les Département peuvent, de manière égale, avoir la maitrise. Or, concernant les contrats avec les Départements, les dépenses afférentes aux allocations individuelles de solidarité dépendent de données socio-économiques propres à chaque territoire, que la collectivité ne peut maîtriser. Comment dès lors en limiter la hausse ?

Il conviendra d’apporter à l’avenir des gages de péréquation, de solidarité entre territoires, et de faciliter réellement les projets de territoires en entreprenant des travaux de rationalisation des réglementations et des procédures qui dissuadent souvent les acteurs locaux à faire du développement local.”

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