Covid-19 : la Haute autorité de santé favorable à la vaccination des enfants de 5 à 11 ans

L’autorité sanitaire a donné son feu vert pour la vaccination des tous les enfants contre le Covid-19, lundi, mais sans obligation. Elle demande également que le pass sanitaire ne soit conditionné par l’injection. 

La vaccination de tous les enfants de 5 à 11 ans contre le Covid-19 a été validée par la Haute autorité de santé, qui s’est dit favorable à cette mesure dans un avis rendu lundi 20 décembre. Cela concerne potentiellement 5,4 millions d’enfants. Après le conseil consultatif d’éthique, la Haute autorité de santé donne donc son feu vert pour vacciner tous les enfants contre le Covid-19 dès 5 ans, alors que les enfants considérés comme « à risque » pouvaient être vaccinés depuis le 15 décembre.

« La HAS propose d’ouvrir la vaccination aux enfants [de 5 à 11 ans sans comorbidités], sans obligation et sans que cela conditionne l’obtention d’un pass sanitaire », indique-t-elle dans un communiqué, suivant ainsi la position du conseil consultatif d’éthique. Cette vaccination devra être menée « en priorisant les enfants de moins de 12 ans scolarisés au collège » et pourra se faire « dès la mise à disposition de la formulation pédiatrique du vaccin Comirnaty de Pfizer », valide la Haute autorité de santé.

80% des formes sévères sans comorbidités

La HAS justifie sa décision par le fait que « les formes sévères de Covid-19 affectent rarement les enfants mais, lorsque c’est le cas, près de 80% d’entre elles sont retrouvées chez des enfants sans comorbidités ». Elle estime aussi que « dans le contexte de l’arrivée du variant Omicron, plus contagieux que le variant Delta, on peut donc s’attendre à une augmentation des cas de formes sévères chez les enfants ». La Haute autorité de santé précise que la formulation pédiatrique du vaccin du laboratoire Pfizer « présente une très bonne efficacité contre les variants majoritaires circulant actuellement et sa capacité à prévenir les formes sévères est excellente ».

Par conséquent, même si le rapport bénéfices/risques apparaît moins important chez les enfants que chez les adultes, il reste « favorable » sur le plan individuel, selon les données de l’Agence européenne du médicament (EMA) et son équivalent aux Etats-Unis (FDA), établies et confirmées « par les données en vie réelle, portant sur plus de 10 millions d’enfants vaccinés ». Cela est d’autant plus vrai « dans le contexte actuel d’augmentation de l’incidence de la maladie en France », conclut la HAS.

Pas d’obligation, demande la HAS

L’autorité souhaite que la vaccination soit faite dans le cadre d’une « décision médicale partagée, sans la rendre exigible ni obligatoire », après la réalisation d’un test sérologique si l’enfant n’a pas contracté le Covid-19 précédemment. En effet, dans ce cas, les enfants n’auront qu’une dose. Si deux doses sont injectées, elles devront être espacées de 21 jours.

« Pour rendre cet avis, la Haute autorité de santé a notamment pris en compte l’analyse des études cliniques fournies par le laboratoire Pfizer, les données de pharmacovigilance internationales disponibles à date, les modélisations mathématiques sur l’impact de la vaccination des enfants sur l’épidémie, les positions des différentes parties-prenantes auditionnées (associations d’usagers et de parents d’élèves, professionnels de santé, Education nationale…) ainsi que l’avis du Comité consultatif national d’éthique », précise le communiqué.

Le gouvernement attend également les conclusions du comité d’orientation pour la srtatégie vaccinale mercredi matin. Ce comité est chargé d’étudier les données américaines portant sur deux millions d’enfants vaccinés avec rappel et d’évaluer d’éventuels effets indésirables. En cas de feu vert, les injections pourraient débuter dès mercredi après midi, d’après le ministre de la Santé, Olivier Véran.