Communiqué de Françoise Dumas et Olivier Gaillard, députés du Gard

Le Loup : Des parlementaires gardois demandent des réponses à la hauteur des attaques

Les députés du Gard, Françoise Dumas (1ère circonscription) et Olivier Gaillard (5e circonscription), ont écrit un courrier co-signé, adressé au Ministre de la Transition écologique et solidaire, François De Rugy, avec copie au Préfet de du département, Didier Lauga, concernant les attaques récurrentes du loup dans le Gard, en particulier dans le secteur des Costières en ce moment, et la situation critique des éleveurs.

Rappelant la gravité du contexte, dans les Costières mais aussi dans les Cévennes où l’agro pastoralisme est essentiel à l’entretien des paysages, à la préservation de la biodiversité, les deux parlementaires membres du Groupe d’étude loup à l’Assemblée nationale demandent au Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire, qu’il prenne des mesures répondant à l’urgence et au niveau élevé de prédation :

  • – une présence accrue et exceptionnelle des agents de louveterie dans les Costières, jusqu’au prélèvement de ce loup responsable des multiples attaques ;
  • – une mobilisation effective de la brigade loup ;
  • – la circonscription du danger en orientant davantage les tirs vers les zones les plus touchées ;
  • – autoriser à nouveau les éleveurs à se doter de caméras thermiques ;

Enfin, en matière de réparation, il soulignent que les éleveurs sont les premiers à subir les conséquences psychologiques et économiques de la prédation. Le principe d’égalité devant les charges publiques impose que les risques entraînés par la politique de protection du loup soient assumés par la solidarité nationale, et que l’indemnisation soit nettement facilitée.

Courrier du 15 mai

Françoise DUMAS, Députée de la 1ère circonscription du Gard

Olivier GAILLARD, Député de la 5ème circonscription du Gard

à

Monsieur François DE RUGY, Ministre de la Transition Ecologique et solidaire

Les syndicats agricoles, la chambre d’agriculture, la presse s’en sont fait l’écho, le loup blesse et tue officiellement dans le sud Gard, de plus en plus en plaine, et les mesures de protection actuelles, ne font, manifestement pas baisser le niveau de prédation.

Près de 400 bêtes ont été blessées ou tuées sur 2017-2018. Déjà en 2017, un agriculteur a pu filmer un loup aux alentours de la commune de Bellegarde. L’identification du loup a été expertisée et confirmée.

Dans les Costières, l’impact du prédateur est croissant, et les conditions de travail des éleveurs se dégradent continuellement. L’exaspération se transforme en colère doublée d’un profond découragement.

Le 14 mai, un jeune éleveur installé depuis peu à Générac, qui a déjà subi plusieurs attaques, a vu son troupeau attaqué à nouveau. Le même jour, la présidente du syndicat des éleveurs ovins du Gard, Fanny TAMISIER, a perdu trois brebis. Quelques semaines plus tôt, un jeune veau appartenant à une manade de Générac était déchiqueté, probablement par un loup. Une enquête est en cours.

Depuis le début de l’année 2019, les éleveurs ont comptabilisé près de 21 attaques de loup et plus de 50 brebis tuées.

Un tel niveau de prédation ne peut plus durer. Le loup s’installe dans des zones de forte densité d’élevage, et s’y pérennise. C’est pour cette raison qu’en décembre 2018, à la suite d’attaques, l’Etat dans le Département, sollicité par les éleveurs, a décidé de la mise en place d’une brigade loup à compter du début de l’année.

Pour autant, cette dernière ne produit pas, pour l’heure, les effets escomptés.

Le loup menace l’agro-pastoralisme tel qu’il se pratique dans cette région méditerranéenne. Il menace l’agriculture qui, tout en permettant de faire vivre une famille, permet l’entretien du paysage et donc également la prévention des incendies, et garantit du même coup une viande de qualité.

Le recours croissant à l’élevage de plein air de troupeaux en plaine, profite également à l’entretien des vignes, dans une logique de réduction des produits phytosanitaires. En montagne, et en particulier dans les Cévennes, les conséquences de la prédation sur l’élevage, constituent un risque majeur pour le maintien d’un agro-pastoralisme qui fait partie intégrante d’un classement au titre du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Le risque d’une extinction du pastoralisme est désormais imminent et avéré parce que les résultats du plan national « Loup et activités d’élevage » sont trop peu vérifiables sur le terrain, en certaines zones, bien identifiées, où la prédation ne fait que croitre.

Les éleveurs ne pourront supporter qu’une telle situation se prolonge encore.

Par conséquent, en tant que parlementaires membres du groupe d’étude loup, régulièrement sollicités par des acteurs de terrain désespérés, nous souhaitons, de toute urgence, connaitre l’estimation précise de la population de loups dans le Gard, et demandons que les zones de colonisation du département, dont celle des Costières et des Cévennes classées pour l’agro pastoralisme, fassent enfin l’objet de mesures spécifiques et adaptées, de protection des troupeaux, s’adaptant et répondant à l’évolution de la prédation, dans une logique territoriale. A commencer, compte tenu des circonstances actuelles, par une présence accrue et exceptionnelle des agents de louveterie dans les Costières, jusqu’au prélèvement de ce loup responsable des multiples attaques. Ces circonstances justifient également la mobilisation effective de la brigade loup en cette zone.

Le suivi des dommages ne peut en effet suffire pour répondre à la détresse de celles et ceux vivant de l’élevage. Circonscrire le danger identifié en y orientant davantage les tirs est une impérieuse nécessité.

Il apparait aussi opportun, compte tenu de la hausse de prédation, d’autoriser les éleveurs de se doter de caméras thermiques. Autrefois autorisées, les éleveurs étaient moins démunis et dépendants des lieutenants de louveterie, et pouvaient davantage dissuader le prédateur et défendre leurs troupeaux.

Enfin, en matière de réparation, les éleveurs sont les premiers à subir les conséquences psychologiques et économiques de la prédation. Ils n’ont donc pas à en supporter seuls les coûts. Le principe d’égalité devant les charges publiques impose que les risques entraînés par la politique de protection du loup soient assumés par la solidarité nationale. L’indemnisation doit être nettement facilitée.

Conscient.e.s de votre engagement en faveur de solutions durables pour tous les acteurs de l’environnement, du monde rural, nous savons pouvoir compter sur l’attention que vous porterez à cette situation territoriale critique, qui ne fait pourtant pas exception.

Dans l’attente de connaitre les suites que vous y donnerez, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de notre très haute considération.

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