Les soucis du SDIS

Pompiers : ça ne peut plus durer

À en croire le directeur du SDIS, Jean-Michel Langlais, et son président, Alexandre Pissas, les pompiers ont frisé la mise sous tutelle de l’État.

Le SDIS (Service départemental d’incendie et de secours) est un établissement public. Dans le Gard, il gère 2 800 pompiers (*) portant secours, chaque jour, à des centaines de personnes. Aujourd’hui, l’organisme rencontre de grosses difficultés financières.

Pour 2021, c’est le Conseil départemental qui va voler à sa rescousse. En mai prochain, la nouvelle présidente Françoise Laurent-Perrigot augmentera de 10 M€ sa subvention annuelle qui s’établira au total à 48 M€. Pour rappel, elle était de 42 M€ en 2017.

Face à cette inflation, certains élus s’inquiètent de l’avenir. Ils ont raison. Comment en est-on arrivé là ? D’abord il semblerait qu’en 2017, le financement de l’accord de sortie de crise, suite à un mois de grève des pompiers avenue Feuchères, n’ait pas été financé. Le colonel Langlais prévoit d’ailleurs de reporter à l’autonome certains recrutements pour atteindre les 701 pompiers professionnels promis il y a quatre ans.

Ce recul de quelques mois permettrait de grapiller plusieurs milliers d’euros sur un budget du personnel qui avoisine les 64 M€ en 2021. Des économies de bout de chandelle à l’image de la polémique naissante autour de la prime covid pour les pompiers.

Comment ne pas attribuer, au moins de façon symbolique, quelques centaines d’euros à des agents qui sont en première ligne pour la lutte contre l’épidémie ? Mais dans le même temps, comment ne pas tenir compte des difficultés financières que traversent le Département et les communes, elles aussi, sur le front de la crise sanitaire.

Dans cette schizophrénie politique, les élus devraient, une bonne fois pour toute, ouvrir le chantier du financement des pompiers du Gard. Mais pour cela, il faut du courage.

La sécurité a-t-elle un prix ? Si oui, lequel ? Élus, administratifs et pompiers devraient débattre au grand jour du temps de travail des agents, du double statut ou encore du taux d’encadrement. Ils pourraient aussi réfléchir à la capacité du SDIS à construire des casernes, à l’heure où l’établissement croule sous les créances avec une dette de 63,8 M€ fin 2020 ! Une mise à plat nécessaire pour repartir sur des bases saines et répondre ainsi aux enjeux d’un département qui plus que jamais a besoin de ses secouristes.

source Obj Gard 

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.