21 décembre : C’est le solstice d’hiver !

Le 21 décembre en 2021, la durée du jour sera la plus courte de l’année, et la durée de la nuit sera donc la plus longue. Quelle est la définition du solstice d’hiver et sa différence avec l’équinoxe ? On vous dit tout.

Le jour du solstice d’hiver, il fait jour seulement 8 à 9 heures dans l’hémisphère Nord. Il s’agira de la journée la plus courte de l’année en terme de luminosité. En règle général, la durée du jour et de la nuit dépendent du lieu d’habitation et de la latitude. La nuit s’étale donc sur près des deux tiers d’un cycle de 24 heures, soit 16 heures !

Quelle est la date et l’heure du solstice d’hiver 2021 ?

L’Institut de mécanique céleste et de calcul des éphémérides (IMCCE) fournit chaque année la date et l’heure exactes du solstice d’hiver. Pour 2021, après observations et calculs, le solstice d’hiver commence donc le mardi 21 décembre à « 15h 59m 16s » en temps universel, soit 16 heures 59 heure de Paris.

Mais comment l’Observatoire de Paris calcule-t-il la survenue des solstices, qu’il estime actuellement jusqu’en 2999 ? En termes scientifiques, les dates des saisons sont déterminées à partir de la « longitude apparente géocentrique du soleil » : « Le solstice d’hiver correspond à l’instant où la longitude apparente géocentrique du Soleil est égale à 270° », précise l’IMCCE sur son site. La « longitude géocentrique » est la distance apparente du soleil vu de la Terre.
Dans notre calendrier grégorien actuel (qui est un calendrier solaire), le solstice d’hiver est susceptible de se produire le 20, 21, 22 ou 23 décembre. Et a le plus souvent lieu le 21 ou le 22 décembre. Dans notre calendrier, la durée des saisons varie en se basant sur une grande période de temps : les dates des saisons ne sont pas fixes, mais l’établissement d’un calendrier solaire a permis de limiter leur dérive. 
 

Si le solstice d’hiver est moins populaire que les soldes d’hiver, ce n’est pas une raison pour ne pas s’intéresser à son fonctionnement. Cet hiver, notre hémisphère recevra surtout des rayons rasants à l’effet chauffant limité et le Pôle-Nord se retrouvera même plongé dans le noir ! Au même moment, l’été commencera dans l’hémisphère Sud, avec un soleil à son zénith au-dessus du tropique du Cancer (chacun son tour).

Lors du solstice d’hiver, la position de la Terre par rapport au soleil atteint son inclinaison maximale. Résultat : le soleil vu de notre planète est à son extrême méridional (point le plus au Sud par rapport à l’horizon), l’ensoleillement est le plus court possible. Lors du solstice d’été, c’est l’inverse. Le soleil est le plus au Nord et on vit alors le jour le plus long de l’année, marquant l’arrivée de l’été. Le tout à ne pas confondre avec les équinoxes d’automne ou de printemps, lors desquelles nuit et jour ont la même durée…

Scientifiquement, le solstice d’hiver correspond au moment de l’année où la trajectoire du soleil, vue de la terre, atteint son maximum méridional (dans l’hémisphère nord) ou septentrional (dans l’hémisphère sud). Autrement dit, sous nos latitudes, au moment du solstice d’hiver, le soleil ne s’élève que de 18° par rapport à l’horizon (quand durant le solstice d’été, il est visible à 65° d’altitude, toujours par rapport à l’horizon). C’est aussi le jour où l’inégalité du jour et de la nuit est maximale, avec un maximum de nuit dans l’hémisphère nord et un maximum de jour dans l’hémisphère sud (qui vit en réalité son solstice d’été). Le schéma ci-dessous vous aidera à mieux visualiser le phénomène du solstice d’hiver (ici représenté à droite) :  

 
 

Quel est le calendrier du solstice d’hiver ?

Voici les dates et heures précises des prochains changements de saison nous faisant basculer en hiver, pour les années à venir, jusqu’en 2024, en heure de Paris :

  • Le 21 décembre 2022 à 22h48
  • Le 22 décembre 2023 à 4h27
  • Le 21 décembre 2024 à 10h20

Quels rituels autour du solstice d’hiver ?

La date du solstice d’hiver marque le début de l’hiver astronomique, et il est un repère dans les sociétés pour délimiter les moments forts du calendrier et des saisons. Les solstices ont donc été célébrés par de nombreuses civilisations, de l’Egypte antique aux sociétés chrétiennes. On remarque par exemple qu’en Europe, la célébration de Noël correspond, à quelques heures près, au moment de l’année où l’hémisphère nord entre dans l’hiver. Dans « Noël : Une si longue histoire », les historiens Alain Cabantous (Paris-I) et François Walter (université de Genève) s’arrêtent sur un solstice d’hiver considéré comme le jour de naissance du « soleil invaincu », où la lumière diurne se remet à croître. Pour les auteurs, le solstice est en effet porteur d’un « symbolisme cosmique » chez les chrétiens : il devient ainsi pour eux « le jour où naît le « vrai » soleil de justice identifié au Christ ».
A vrai dire, la chrétienté s’est appuyée sur une fête païenne, qui existait bien avant que l’on ne célèbre la venue au monde du Christ. Noël tire son étymologie du latin Natalis dies (jour de la naissance), qui désignait en Occident le moment à partir duquel les jours se rallongent à nouveau. 

La fête païenne dont se sont inspirés les chrétiens correspond aux Saturnales, ces célébrations en l’honneur du dieu romain des semailles et de la fertilité : Saturne. Pratiquées dans la Rome Antique, les festivités s’étalent alors sur sept jours, du 17 au 24 décembre. Les romains se rassemblaient en famille ou entre amis, parmi la végétation et les guirlandes, et se faisaient mutuellement cadeau de figurines faites de pain ou de terre cuite. La tunique des pauvres et des esclaves se substituait à la toge habituelle. Quand Jules César réforme le calendrier lunaire, le calendrier solaire « julien » le remplace. Et le solstice d’hiver se retrouve improprement fixé au 25 décembre (alors qu’il a lieu le 21 ou le 22 !). L’esprit de fête, lui, est bel et bien resté et a traversé les âges.