Désordres dans les Cévennes : Molières, Aulas, Bréau et même Saint Hippolyte !

Aux 19ème et 20ème siècles, que d’évènements dans le Pays Viganais qu’on a oubliés. Réveillons leur mémoire ! Ce sera le but de cet série d’articles à venir

Les lois constitutionnelles de 1875 sont les trois lois de nature constitutionnelle votées en France par l’Assemblée nationale les 24, 25 février et 16 juillet 1875 qui instaurent définitivement la Troisième République.

En février 1876, la paix entre monarchistes et républicains n’était pas encore vraiment à l’ordre du jour. Les républicains voulurent célébrer l’anniversaire de la nouvelle république, 3 ème du nom … la presse régionale et surtout parisienne parla de ce qui se passa dans les Cévennes.

Voici une synthèse fidèle de ce qu’écrivirent les journalistes  … peu favorables aux républicains, au demeurant !

Désordres gardois

Nîmes le 26 février 1876

Dans diverses communes des arrondissements du Vigan et de Nîmes, des scènes de désordre d’une certaíne gravité ont éclaté le 24 février, à l’occasion  de l’anniversaire de la proclamation de la République. A Molières, Aulas et Saint-Hippolyte, des “perturbateurs” ont voulu  arborer le drapeau rouge.

Sur les réquisitions de M. le préfet du Gard, quatre brigades de gendarmerie se sont immédiatement transportées sur les lieux, et sont parvenues, dans les trois communes, à rétablir 1’ordre.

Mais il en a été autrement à Montfrin, près de Nîmes. Malheureusement, dans cette commune, la gendarmerie s’est trouvée en présence d’un assez grand nombre de “séditieux”, qui se sont armés de pierres, dont les agents de l’autorité ont été assaillis. Les gendarmes ont du alors faire usage de leurs armes et des coups de feu ont été tirés. Un habitant a été atteint, et “la blessure est, dit-on, assez grave, puisqu’on parle d’une amputation“”.

Cette détermination de la part des gendarmes a  mis fin à cette scène profondément regrettable, et aujourd’hui tout est rentré dans l’ordre.

Pendant ce temps là, des scènes odieuses ont eu lieu à Bréau et à Molières : des arbres de la liberté ont été plantés, malgré les maires, au milieu des vociférations d’une multitude exaltée par son triomphe dans l’élection du Vigan. Dans l’une de ces communes, un drapeau arraché violemment de la mairie a été placé au sommet de l’arbre.

A Molières, il y avait banquet sur la place publique. Malheureusement pour la fête, la gendarmerie s’en est mêlée, les rassemblements ont été dispersés et les arbres, à peine élevés, ont été abattus.

A Aulas, les manifestants, malgré leur bonne volonté, prévenus par ces mêmes gendarmes, n’ont pu élever ce hideux signe de la Révolution. On cite des faits étranges de turbulence dans les petites communes alentour où la majorité républicaine se croit à l’abri de l’autorité. Les habitants de telle commune ont été invités au son du tambour à venir fêter le 24 février, comme si la convocation eût été officielle.

Les amabilités de la république ne se sont pas bornées là. Dans l’arrondissement du Vigan, les scènes les plus hideuses se sont produites. Après les dîners donnés en l’honneur de l’anniversaire, les honnêtes gens virent avec stupéfaction des femmes avinées parcourant les rues au cri de “Vive la république !” et hurlant la Marseillaise. Une troupe d’hommes, non en meilleur état mais prudemment cachés derrière leurs femmes ou leur soeurs, les suivait.

A Saint Hippolyte, la foule a été sur pied une grande partie de la nuit, menaçant, criant et hurlant. On a vu aux fenêtres des drapeaux avec bonnet phrygien. Le  soir, la villa de M. Marcellin Pellet, le jeune député radical, a été illuminée pompeusement.

De nombreux démêlés avec la force publique ont eu lieu. Ce n’est qu’à une heure du matin que le calme a été enfin rétabli.

Un journaliste, sans doute plus favorable aux républicains, termina son propre article par ces mots : “Si quelques faits regrettables se produisirent, nous disons, sans les diminuer ni les grossir, que l’éducation politique de notre pays n’est pas encore achevée et qu’elle s’achèvera sous la protection des lois républicaines”

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